1989 - Clermont-Ferrand

Le Pictet 1989 était la première édition du Concours; Jean Pictet avait autorisé l'usage de son nom. Quatre équipes de quatre participants avaient fait le déplacement en Auvergne: Poitiers, Fribourg, l'Université Libre de Bruxelles et Clermont-Ferrand. Les trois dernières ont, au fil des années, gagné le Pictet. Mais en ces temps héroïques, c'est l'ULB qui s'était imposée face à Fribourg en finale. Héroïques, dit-il ? Pourquoi pas ? Pensez donc:

  • que la Yougoslavie n'était pas encore l'ex-Yougoslavie;
  • que le Rwanda était passablement méconnu des médias – des massacres en cours, mais pas encore d'épidémie de choléra ayant suivi un génocide, donc intérêt médiatique insuffisant;
  • que la guerre du Golfe et Pinochet, c'était de l'histoire ancienne;
  • que Taliban, Kosovo, Tchétchénie, c'était du chinois;
  • que Tien An Men, c'était aussi du Chinois, mais pas encore en train d'arrêter les chars;
  • que l'institution d'une Cour pénale internationale aurait fait hurler de rire tout professeur de droit digne de ce nom (et il en existe);
  • que "l'Eric David" n'était pas encore la Bible de tout étudiant en droit humanitaire, même si son auteur témoignait de l'existence d'un droit étrange;
  • que notre Pizza préférée jouait encore aux poupées Barbie, c'est dire !
  • que le Mur de Berlin tenait encore, mais pas plus longtemps;

La préparation du cas pratique par les équipes durait quelques huit heures, suivies d'un seul passage devant le jury, passage d'ailleurs assez bref. Et dire que certains des participants 2000, après une semaine de séance plénière, trouvent qu'ils n'ont pas eu assez l'occasion de montrer leurs connaissances au jury... Ah, ces jeunes !

Les archives lanordiennes, suivant le joli nom donné par le ouèbemasteure Fred, comprennent même la carte du cas pratique, élaboré par Pierre Bringuier; le cas de finale a été rédigé pendant la journée de repos entre les éliminatoires et la finale. Si ce n'était pas de la dernière minute, ça... 

C'était la défunte AINA (Association d'Idées Nemo Auditur), sorte d'Amicale des étudiants de la Fac de droit de Clermont, qui avait pris en charge l'organisation, avec un budget d'environ 20.000 F en cash et 32.000 F en liquide, comme le soulignait le rapport final. La Ville de Clermont-Ferrand avait voté une subvention, de même que le Conseil général du Puy-de-Dôme, mais pas la Région Auvergne en raison, je cite la lettre reçue de leur part, de "nos moyens financiers très limités"...

Il y avait eu une plutôt bonne couverture de presse (et une et deux et trois et quatre pages web, sans compter la télé; attention si votre liaison Internet n'est pas rapide, ces fichiers sont assez gros)... Était-ce en raison du Comité de patronage, des polémiques locales, des efforts déployés ou de l'originalité du sujet ? Allez savoir...

Quant au travail administratif, tout avait été fait sur une machine à écrire; oubliez les scanners, PC, e-mail. Tout ça n'existait simplement PAS pour le commun des mortels que nous étions, et que nous sommes encore. Temps héroïques, je vous le dis...

Et tout ça ne me permet pas de vous mettre en ligne la lettre 88/125 AT/JCO, indiquant que "notre logo ne peut être mêlé à d'autres". Dommage, mais on ne peut pas tout scanner, même les lettres les plus décourageantes...

Mais on se rappellera d'un temps exceptionnellement ensoleillé pour un mois de février, comme le montrent les quelques photos versées aux archives lanordiennes... On se rappellera que c'était le début, et que si vous en êtes arrivés à lire jusqu'au bas de cette page sans avoir les larmes aux yeux, c'est que vous n'avez jamais participé au Concours Pictet. Ceci dit, si vous pensez que ça fait très "ancien combattant", vous avez peut-être raison...

Et finalement, ce qui restera, c'est ce mot que les participants de l'équipe de Fribourg avaient mis sur le paquet de chocolats apporté par les quatre compères à chaque participant...